FESTIVAL DE HYÈRES 2017 : 5 créateurs à surveiller

festival de hyères

Le Festival de Hyères s’est clôturé fin avril et faisait de la suissesse Vanessa Schindler la grande gagnante de cette 32ème édition. Le festival reste connu pour dénicher des talents, même si ces derniers ne repartent pas forcément avec un prix. Focus sur 5 d’entre-eux qui nous ont taper dans l’oeil :

Marine Serre

Diplômée d’honneur en juin 2016 de La Cambre, célèbre école de mode belge, cette native de Brive-la-Gaillarde présentait « Radicall call for love », sa première collection.

Marine Serre aime les mélanges inattendus. Une collection d’abord inspirée par le sportswear mais aussi par le monde oriental, où la soie vient s’associer au coton jersey et le cachemire au nylon. Le fameux croissant de lune retourné se devient ici un logo, comme un clin d’œil à Nike, et malgré une esthétique déjà affirmée, bon nombre de ses pièces se portent avec une facilité déconcertante. La styliste veut dessiner des vêtements et ne veut pas proposer un univers aux références trop laborieuses et complexes.

Marine Serre n’est pas repartie gagnante du Festival de Hyères mais elle peut toujours compter sur sa nomination au prestigieux LVMH Prize 2017 (qui récompense les jeunes talents avec une bourse de 300 000€). En parralèle de son job chez Balenciaga, aux côtés de Demna Gvesalia, elle entend bien poursuivre sur sa lancée, sa première ayant déjà attiré l’œil du très pointu concept-store parisien « The Broken Arm ». À seulement 25 ans, Marine Serre est ce que l’on pourrait appeler un jeune prodige de la mode.

Fuhong Yang

Jeune chinoise expatriée à Paris, Fuhong Yang diplômée de l’école parisienne ESMOD en 2014, présentait également cette année sa première collection à Hyères.
Inspirée par les séances d’essayages, elle propose des pièces aux allures non-finies, parfois brut de décoffrage, avec des empiècements à tout-va, comme pour matérialiser cette fameuse phase « d’essayage », où l’on retouche le vêtement.

Pour elle Hyères est « un festival très professionnel où l’on reçoit énormément de conseil de personnes de l’industrie » et cette expérience reste un bon tremplin pour la jeune créatrice. « Faire partie des finalistes, ca me pousse quand même sur le « devant de la scène » en quelque sorte. »

Toujours installée à Paris, elle espère percer dans son pays natal et même au-delà, tout en « gardant mon atelier en France » conclue-t-elle.

festival hyeres 2017 fuhong yang

Hyunwoo Kim

Avec sa marque Jungvi, Hyunwoo Kim propose un mélange de tradition et d’avant-garde résultant en quelque chose d’inattendu. On retrouve ainsi un long manteau kimono en soie mélangé avec des chaussettes montantes et des talons déstructurés, qui rappellent ce qui se fait chez Balenciaga, ou encore des manteaux XXL en cuir avec des cols montant aux coupes sport. Malgré le grand nombre de référence à la culture traditionnelle coréenne, Hyunwoo Kim veut parler aux jeunes femmes d’aujourd’hui et n’hésite pas à mélanger des références aux années 90 ou à la K-Pop.

Conscient du boom de la mode coréenne, Hyunwoo Kim utilise Instagram pour faire connaître sa marque, une pratique commune aujourd’hui et qui porte ses fruits : « J’obtiens énormément de contacts via Instagram. Avant, les marques étaient « réparties » par régions et maintenant il y a cette nouvelle génération de créateurs, dont j’estime faire partie, pour qui les frontières n’existent plus, et cela grâce aux réseaux sociaux ».

festival hyeres 2017 hyunwoo kim © Photos Cedric @ Le French Boy

 

Wendy Andreu

Nouveauté cette année : un prix pour les accessoires. Parmi les 10 finalistes sélectionnés, il y avait Wendy Andreu et sa ligne d’accessoires « Regen ». Cette jeune créatrice de 26 ans a développé un procédé de production rendant les tissus complètement water-proof. Entièrement coupés au laser, le tissu de chaque objet est doublé avec du latex imperméable sur un côté et du coton de l’autre. Chaque pièce est enfin moulée dans un moule en métal, donnant ainsi ces effets de textures et pouvant surtout être réutilisé à l’infini. Chapeaux, casquettes, sacs et même des capes, chaque accessoire du quotidien est ainsi revisité et devient invincible face à la pluie.

 

Hermione Flynn

Hermione Flynn est ce que l’on appelle une artiste. Créatrice, performeuse, directrice artistique, vidéaste, elle multiplie les casquettes et dispose déjà d’un univers bien abouti.

Néo-Zélandaise installée à Berlin, elle dispose déjà de sa propre boutique en ligne et à fait parlé d’elle cette année pour ses tenues de soirées pour homme. Alors que c’est une vraie niche dans la mode féminine, elle a décider créer une version masculine des robes de soirées destinées aux tapis rouges. Intitulée « C+B » (« cocktail dress + ball gowns for men » soit robes cocktail et robes de bal pour hommes), elle re-découpe le vêtement pour l’adapter à l’homme, tout en gardant une esthétique unisexe. Elle trouvait que « le manque de fonctionnalité et de confort, quelque chose de spécifique à la mode femme, met celui qui regarde le vêtement au centre et non celui qui le porte » et décide donc d’apporter sa solution au problème. Au final, on se retrouve avec une collection complètement déstructurée, rappelant parfois même les tenues de travail, tant la praticité et le confort guident l’esthétique d’Hermione Flynn.

 

 

Cédric

J'écris, je style, je photographie, call me the fashion handyman.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *